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Peut-on vraiment parler d'addiction au numérique ?



Non. Pas au sens médical, ni scientifique. L'addiction est aujourd'hui un mot que chacun utilise joyeusement pour désigner l'objet d'un grand plaisir ou un comportement un poil excessif. Alors que l'addiction est une pathologie cérébrale définie par des critères très précis, fixés par une instance internationale. En 2019, les troubles du jeu vidéo ont été intégrés officiellement dans la grande famille des addictions, mais quant au reste... le débat reste vif...


Car parmi les critères définissant une addiction, on trouve notamment la perte de contrôle, une activité compulsive, la sensation de craving (quand on "crève d'envie de..."), ou la poursuite de ce comportement malgré la prise de conscience des conséquences négatives que cela engendre sur soi ou sur son entourage.


Ça vous rappelle quelque chose ?


Cette sensation de panique qu'on peut ressentir quand la batterie du téléphone est à 1%, alors qu'on est sans chargeur / électricité / batterie externe ? Cette angoisse quand on n'a plus de réseau ? Et cette énergie énorme qu'on peut déployer pour retrouver l'usage de notre cher petit appareil... Une vraie sensation de manque, non ?


Et puis cette difficulté à résister à l'appel de l'Iphone dans une réunion un peu longue, résistance totalement impossible quand on fait la queue ? D'ailleurs, on n'a même plus vraiment besoin de s'ennuyer pour avoir envie de toucher son téléphone, de le saisir, de le sentir vibrer (alors que non), même quand on prend tranquillement un verre entre amis. Ça ressemble bien à du craving...


Ou ces "juste 10 minutes" passées sur Instagram, qui se transforment en heure(s), en ayant superbement ignoré conjoint / enfant / collègue pendant tout ce temps ? Cette envie de lire mais rester pourtant derrière son écran, encore et toujours ? Définitivement de la perte de contrôle.


Sauf que ces usages excessifs qui peuvent faire sourire, peuvent aussi faire naître des maux graves chez certaines personnes. Sur la santé, sur le travail, sur les relations avec l'entourage. Au même titre qu'une drogue. D'ailleurs, on parle aujourd'hui de burnout numérique.


Mais ces dommages psychiques et physiques ne sont visiblement pas assez importants ou mesurés pour que ce soit classifié. Et on ne peut pas parler de syndrome de sevrage. De toute façon, comment se sevrer du numérique dans notre société ?



L'enjeu est donc de reprendre la maîtrise de ses usages. Et pour cela, on peut justement utiliser les méthodes mises en place pour traiter les addictions reconnues :





D'abord, créer l'opportunité d'une prise conscience, car les usages digitaux sont si indispensables, si encouragés qu'on a du mal à voir ou à reconnaître qu'ils peuvent nous faire du mal. Dès qu'on évoque le sujet pourtant, chacun se lance dans un flot ininterrompu de paroles pour témoigner de "son" usage et de "ses" maux, avec autant d'expériences que de personnes. Alors ouvrir le débat, donner la parole est primordial pour commencer à reprendre le contrôle.


  • Évaluer objectivement sa "consommation". En ne considérant pas seulement le "produit", mais aussi son contexte d’utilisation (le foyer, la famille, le travail...), ses contraintes et bien-sûr soi : notre capacité de résistance, de mise à distance, mais aussi ce que le numérique semble résoudre, ce qu'on va y chercher.


  • Se faire accompagner si les troubles deviennent trop présents, trop difficiles à gérer, car une démarche autonome est difficile et ne suffit souvent pas. Et comme "l'usage abusif du numérique" n'est pas un problème déclaré, c'est difficile de se l'autoriser.


  • Et à un niveau plus sociétal, faire de la prévention. Reconnaître dans nos familles, nos organisations, nos sociétés que le problème existe et qu'il doit être adressé. Pour éviter des dysfonctionnements et une souffrance trop grave, plus tard.

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